Téléphérique · Valle d'Aosta
Téléphérique du Plateau Rosà
La liaison italo-suisse la plus haute d'Europe : ce téléphérique relie Cervinia à Zermatt en passant par le Plateau Rosà, à 3 480 m.
Altitude de départ
2 500 m
Altitude d'arrivée
3 480 m
Dénivelé
980 m
Longueur
3 200 m
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Photo: qwesy qwesy · CC BY 3.0 · Wikimedia Commons
Constructeur
Doppelmayr
Année de construction
1970
Débit horaire
1 000 p/h
À 3 480 mètres d’altitude, là où la frontière entre l’Italie et la Suisse n’est plus qu’une ligne invisible tracée sur les neiges éternelles du glacier, se trouve l’un des lieux les plus emblématiques du ski alpin européen : le Plateau Rosà.
Le téléphérique qui y monte depuis Cervinia est bien plus qu’une simple remontée. C’est une liaison transfrontalière unique en son genre, qui fait passer les skieurs d’Italie en Suisse aussi naturellement que d’une vallée à l’autre d’un même domaine.
Inauguré en 1970 et entièrement rénové en 2018 avec la dernière technologie Doppelmayr, il est devenu avec le temps un symbole de l’intégration alpine européenne et de la vocation exceptionnelle pour le ski de ce coin des Alpes valdôtaines.
Face au Cervin
La situation du Plateau Rosà est tout simplement exceptionnelle. Le Cervin (Matterhorn en allemand) se dresse à quelques kilomètres, et sa silhouette pyramidale et asymétrique domine l’horizon de façon théâtrale.
Depuis la gare sommitale, la vue sur cette montagne, l’une des plus photographiées et des plus reconnaissables au monde, est frontale et rapprochée comme presque nulle part ailleurs quand on n’est pas un alpiniste chevronné.
Chaque année, les guides de haute montagne de Cervinia et de Zermatt accompagnent des milliers de passionnés sur les voies du Cervin. Pour qui ne veut pas affronter les difficultés techniques de l’alpinisme, le Plateau Rosà offre la perspective la plus proche et la plus émouvante sur le roi des Alpes.
Jusqu’à Zermatt
L’une des grandes particularités de ce téléphérique est sa liaison avec la station suisse de Zermatt. Depuis le Plateau Rosà, les skieurs peuvent continuer vers Trockener Steg, puis vers le village au pied du Cervin, avec ses chalets typiques et sa célèbre absence de voitures.
Pour cette traversée, il faut avoir sur soi une pièce d’identité valable pour voyager à l’étranger, car on franchit bel et bien une frontière d’État.
Deux pays, deux cultures alpines et deux systèmes de forfaits se réunissent ainsi en une seule expérience de ski, qu’on trouve difficilement ailleurs dans les Alpes.
Skier toute l’année
Le Plateau Rosà est l’un des très rares sites d’Europe où l’on peut pratiquer le ski alpin tous les mois de l’année, grâce à son glacier permanent.
Le ski d’été sur le glacier attire chaque année des équipes nationales de tous les continents en préparation, des skieurs amateurs qui veulent garder la forme pendant la saison chaude et de simples curieux tentés par une descente à skis en juillet ou en août.
En altitude, les températures dépassent rarement cinq ou six degrés, même au cœur de l’été : la neige reste compacte et les pistes, bien préparées, n’ont rien à envier à celles de l’hiver.
Exploiter un téléphérique à près de 3 500 mètres
Faire fonctionner une installation à près de 3 500 mètres d’altitude pose des défis considérables. Le vent est l’ennemi le plus redoutable : la gare sommitale est exposée aux courants venus des glaciers suisses, et les rafales peuvent imposer l’arrêt du service même par des journées qui semblent calmes plus bas.
Exploiter le téléphérique par mauvais temps exige des procédures strictes et une connaissance fine de la météo locale, un savoir-faire accumulé en plus de cinquante ans de fonctionnement.
Les structures doivent résister à des températures qui descendent régulièrement sous les moins vingt degrés en hiver, avec des chutes de neige qui peuvent atteindre plusieurs mètres en une seule saison.
Un observatoire du climat
Le glacier du Plateau Rosà est aussi un précieux observatoire scientifique du changement climatique. Son recul au cours des dernières décennies est documenté par des mesures systématiques, qui témoignent de l’accélération de la fonte observée sur tout l’arc alpin.
Malgré cette réalité inquiétante, le téléphérique continue de donner accès à une neige de grande qualité. Grâce à l’altitude et à une bonne orientation, ce domaine reste l’un des plus fiables du continent pour programmer les activités d’hiver comme d’été.
Rénové en 2018. Liaison italo-suisse en service : pièce d’identité obligatoire. Ski d’été possible de juin à août.